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La désindustrialisation est la marque du progrès technique

Posted by spqr sur lundi, 17 août, 2009

Robert Reich

Robert Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton, voit dans le progrès technique, et non pas les délocalisations, la cause réelle de la désindustrialisation.

Quelques remarques : Le progrès technique était censé libérer l’homme des tâches routinières et asservissantes, nous rapprochant d’une société du loisir, où une quantité de travail humain moindre permettrait de subvenir aux besoins de tous. Tel était le crédo des années d’après guerre, des fameuses « trente glorieuses », où ce contrat de progrès a effectivement été rempli.

Depuis la crise née du choc pétrolier et le changement de paradigme économique qui s’en est suivi au tournant des années 1980, le cercle vertueux dans lequel les gains de productivités se transformaient en gains de revenus et en diminution du temps de travail pour la majeure partie de la population a été rompu dans l’ensemble du monde occidental.

Depuis lors, l’industrie, grande pourvoyeuse d’emplois, a peu à peu décliné, laissant place à des emplois de service, tandis que s’installaient le chômage de masse et la précarité. Le progrès technique et informatique, en supprimant les tâches routinières, a détruit quantité d’emplois qui, dans le modèle fordiste, étaient générateurs de valeur ajoutée, auxquels se sont substitués une petite cohorte d’experts et de techniciens hautement spécialisés, largement rémunérés, et une grande masse d’emplois de services déqualifiés, peu producteurs de valeur ajoutée, mal rémunérés, et dans lesquels la plupart des gains de productivité ne peuvent être obtenus qu’au prix d’un durcissement des conditions de travail.

Faut-il dans ces conditions regretter l’ère industrielle ? Ou constater que si la transition vers la société du savoir et de la robotisation est irréversible, la déformation de l’espace des revenus et des perspectives de carrières qu’elle a induit n’en est pas moins insupportable ?

Que faire face à cette disparité structurelle ? Redistribuer, bien sûr. Mais la redistribution est le résultat d’un rapport de force : « je participe, tu as besoin de moi, j’exige ma part ». Dans un processus de production morcelé et extrêmement concurrentiel, où de plus, le capital a acquis un pouvoir de nuisance considérable par son chantage au départ et son exigence accrue de rémunération, l’ancienne solidarité de destin qui existait dans les entreprises entre les agents est morte et avec elle le partage des gains.

Les salariés de la sous-traitance, des multinationales, des services peu qualifiés, sont aujourd’hui non seulement démunis mais aussi dépourvus de moyens de rétorsion leur permettant de faire valoir leur droits à partager les fruits du progrès et les gains de productivité réalisés par la société dans son ensemble.

Classiquement, l’autre force redistributrice capable d’imposer sa volonté, c’est l’Etat. Mais la charge qu’implique son rôle maintenu d’amortisseur en Europe continentale, et tout particulièrement en France, est de plus en plus mal tolérée par une société où l’individualisme est roi et où les entreprises délocalisent vers le moins-disant fiscal.

En résumé, le morcellement des processus de production, la segmentation et l’inégalité croissante des niveaux de création de valeur ajoutée, l’ouverture à la concurrence internationale, qui ont laminé le pouvoir des négociation des salariés, et la réduction progressive du rôle organisateur, régulateur et redistributeur de l’Etat, ont donc eu pour résultat une privatisation par une minorité des fruits du progrès résultant des avancées du savoir de l’humanité.
Et c’est cette double contrainte, cette double impasse, qui dessine le contour du problème qui est le nôtre. Reich conclut son texte en estimant que le plus grand défi actuel est celui de faire remonter le niveau de rémunération des emplois peu qualifiés, et annonce qu’il traitera de la question dans un prochain article. A suivre, donc.

Par Robert Reich :
 

Pour les Etat-Unis, vouloir maintenir ou augmenter la part de la production industrielle dans l’économie n’a aucun sens. Même si l’Amérique fermait ses frontières et interdisait l’entrée de son territoire à tout produit manufacturé en provenance de l’étranger – ce que je ne recommande pas – nous perdrions encore des emplois manufacturiers. La raison principale en est la technologie.

Lorsque l’on pense aux emplois industriels, on a tendance à imaginer les anciennes chaînes de montages servies par des millions de cols bleus dotés d’emplois bien rémunérés et bénéficiant d’avantages sociaux. Mais cette image ne correspond plus à l’industrie. J’ai récemment visité une usine américaine tournant avec deux employés et 400 robots informatisés. Les deux hommes étaient assis devant des écrans d’ordinateur et pilotaient les robots. Dans quelques années, cette usine n’aura plus un seul employé sur place, en dehors des visites occasionnelles du technicien effectuant les réparations et les mises à niveau des robots.

Les emplois industriels sont en train de disparaître dans le monde entier. Même la Chine est en train de perdre les siens. Les Chinois produisent plus dans l’industrie que jamais auparavant, mais ils sont également en train de devenir beaucoup plus efficaces dans ce domaine. Ils ont fermé la plupart des anciennes usines gérées par l’Etat. Les nouvelles usines sont pleines à craquer de machines automatisées et informatisées. En conséquence, ils n’ont pas besoin d’autant de travailleurs dans le secteur industriel qu’auparavant.

Les économistes d’Alliance Capital Management ont étudié l’évolution de l’emploi dans une vingtaine de grandes économies et constaté que, entre 1995 et 2002 – avant la bulle son éclatement – vingt-deux millions d’emplois manufacturiers avaient disparu. Les États-Unis n’ont même pas été les plus grands perdants. Nous avons perdu environ 11% de nos emplois manufacturiers au cours de cette période, mais les Japonais ont perdu 16% des leurs. Même les nations en développement ont perdu des emplois dans leurs usines : le Brésil a subi une baisse de 20%, et la Chine a une baisse de 15%.

Qu’est-il arrivé à l’industrie ? La réponse tient en deux mots : gains de productivité. Lorsque la productivité augmente, l’emploi décline car moins de personnes sont nécessaires. En cela, le secteur manufacturier suit la même tendance que l’agriculture. Il y a un siècle, près de 30% des américains adultes travaillaient dans une ferme. Aujourd’hui, il sont moins de 5%. Cela ne signifie pas que les États-Unis aient échoué en agriculture. Bien au contraire. L’agriculture américaine est un énorme succès. L’Amérique peut produire beaucoup plus qu’il y a un siècle, avec beaucoup moins de personnes. Les nouvelles technologies, des machines plus efficaces, de nouvelles méthodes de fertilisation, l’amélioration des systèmes de rotation des cultures, et des gains d’efficacité à grande échelle ont rendu l’agriculture beaucoup plus productive.

L’industrie connaît une situation semblable. Aux USA et ailleurs dans le monde, c’est un succès. Depuis 1995, alors même que l’emploi manufacturier baissait partout dans le monde, la production industrielle mondiale a augmenté de plus de 30%.

Nous devrions cesser d’avoir la nostalgie de l’époque où des millions d’américains boulonnaient et soudaient ce qui passait sur les lignes de montage. Ces temps sont révolus. Et cessons de blâmer les pays pauvres où les travailleurs reçoivent des salaires très bas. Bien sûr, leurs salaires sont bas, puisque ce sont des pays pauvres. Ils ne peuvent devenir plus prospères qu’en exportant vers les pays riches. Quand l’Amérique bloque leurs exportations par des droits de douanes et des subventions de nos industries nationales, nous les empêchons de progresser. Aider à ce que les pays pauvres deviennent plus prospères va non seulement dans l’intérêt de l’humanité, mais c’est également sage, car cela réduit l’instabilité mondiale.

Vous cherchez un responsable à blâmer ? Prenez-vous en au progrès du savoir et de la technique. C’est lui qui a créé les gadgets électroniques et les logiciels qui peuvent maintenant exécuter presque toute les tâches routinières. Cela va bien au-delà des seules usines. Les USA employaient aussi beaucoup de liftiers, d’opérateurs de téléphonie, de caissiers de banque et de pompistes. Vous-en souvenez vous ? La plupart de ces emplois ont été remplacés par la technologie. Les caissières de supermarché sont remplacées par les scanners automatiques. Internet a supprimé les tâches routinière des agences de voyages, des courtiers immobiliers, des courtiers de bourse, et même des experts-comptables. Avec la numérisation et les réseaux à haut débit, nombre de tâches des emplois de bureau peuvent désormais être réalisées à moindre coût à l’étranger.

Tout travail comportant la moindre routine est en train de disparaître aux États-Unis, mais cela ne signifie pas que avons moins d’emplois. Cela signifie seulement que nous avons moins d’emplois routiniers, y compris dans les industries manufacturières traditionnelles. Lorsque l’économie américaine repartira, de nombreux emplois routiniers ne reviendront pas, mais de nouveaux emplois prendront leur place. Un quart des Américains travaillent aujourd’hui dans des emplois qui ne figuraient pas dans la liste des codes de l’administration en 1967.

Technophobes, néo-canuts et autres anti-mondialistes prenez garde : vous êtes du mauvais côté de l’histoire. Vous ne voyez que la perte des vieux emplois. Vous oubliez tous les nouveaux emplois créés.

La raison pour laquelle ils sont si faciles à oublier, c’est qu’une grande partie de la nouvelle valeur ajoutée y est invisible. Un pourcentage croissant de chaque dollar dépensé par le consommateur va vers des gens dont la tâche consiste à analyser, innover et créer. Ces personnes sont responsables de la recherche et du développement, de la conception et de l’ingénierie. Ou des emploi de haut niveau dans la vente, le marketing et la publicité. Ils sont compositeurs, écrivains et producteurs. Ils sont avocats, journalistes, médecins et conseillers en gestion. Je nomme cette activité « analytique symbolique », car la plupart des tâche y relèvent de l’analyse, de la conception et de la communication à travers les chiffres, les formes, les mots, les idées.

Ce travail analytique-symbolique ne peut pas être tenu entre vos mains, comme le seraient des marchandises provenant des usines. En fait, bon nombre de ces tâches sont officiellement classés comme des services plutôt que de la fabrication. Pourtant, sur pratiquement quoique ce soit que les consommateurs achètent aujourd’hui, ils paient plus pour ces sortes de tâches que pour le matériel physique ou l’assemblage. Sur chaque iPod, on peut lire « Conçu par Apple en Californie, assemblé en Chine. » Vous pouvez parier que l’activité de conception de l’iPod reçoit une plus grande part du prix de vente que son assemblage.

Le plus grand défi auquel nous faisons face sur le long terme – au-delà de la dépression – n’est pas de savoir comment faire revenir l’industrie. Le plus grand défi, c’est de parvenir à améliorer les revenus de cette armée toujours grandissante de travailleurs américains à faibles revenus qui occupent des emplois de services à la personne dans les hôtels, les hôpitaux, les supermarchés, des chaînes de restauration, et toutes les autres entreprises qui ont besoin de travailleurs, mais pas de hautes qualifications. J’y reviendrai.

Robert Reich
Robert Reich est l’ancien ministre du travail de Bill Clinton,
Président des États-Unis de 1997 à 2000


Source : The Future of Manufacturing, GM, and American Workers (Part I)


Découvert sur : Contre Info


Les passages en gras ou en italique le sont par spqr. Les liens sont ajoutés par spqr.

Additif par spqr :

notesNotes :

Publié par spqr le 17 Août 2009

N.B. : si vous souhaitez écrire un commentaire, cliquez sur “commentaire(s)” ; l’e-mail est facultatif.

2 Réponses to “La désindustrialisation est la marque du progrès technique”

  1. marie said

    Hello spqr, alors à quand le prochain post?

    Je viens de trouver le commentaire que tu as écrit sur le blog de Stella (sur le post qu’elle m’a dédié). Je te remercie beaucoup. Ca fait du bien de lire ça. Il faut quand même que ça s’arrête………..

  2. Deborah said

    Je signe ma visite
    Bises
    Deborah

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