Il est ridicule d’exiger de l’Iran l’arrêt de l’enrichissement d’uranium
Posté par spqr le Lundi, 7 septembre, 2009

Dans un entretien accordé au Financial Times, le sénateur Kerry, candidat Démocrate à la présidentielle en 2004, juge « ridicule » la position définie par l’administration Bush, qui avait exigé de l’Iran un arrêt de l’enrichissement d’uranium alors que ce droit est garanti par le Traité de Non Prolifération signé par Téhéran.
Il s’agissait, estime-t-il, de définir une ligne rouge inacceptable par l’autre partie, durcissant inutilement le conflit, à la seule fin de pouvoir proclamer l’échec de la diplomatie. Pour négocier de façon crédible, il considère qu’il faut s’en tenir uniquement aux termes du TNP, en s’assurant que l’Iran respecte ses engagements.
Concernant la sécurité d’Israël Kerry évoque la possibilité d’une extension du parapluie nucléaire américain à Israël, mais s’inquiète également d’une réaction unilatérale de Tel Aviv, qui n’aurait cependant pour effet selon lui que de retarder le programme iranien.
Dans la seconde partie de l’entretien, consacrée au Moyen-Orient, il insiste sur le rôle « indispensable » des USA dans le processus de paix, à la fois pour réunir les parties autour de la table de négociation, mais aussi pour garantir et contrôler l’application de l’accord de paix.
Une remarque : à la lecture de la langue de bois extrêmement codée en usage au Capitole que pratique Kerry, à la différence d’un Obama, on peut entrevoir les raisons de son échec à convaincre en 2004. Mais au delà de la forme, le retour à une vision enfin réaliste des questions internationales, après des années de désastreuses aventures militaires, d’exacerbation des tensions et de vaines rodomontades, n’en est pas moins frappant, et il faut saluer ce réveil de la raison.
Financial Times : Puis-je vous interroger concernant l’Iran ? Lors de vos discours à l’AIPAC et à la Brookings Institution, vous avez parlé de la façon dont l’administration Bush avait fixé une série de lignes rouges afin de les voir ignorées, afin de montrer que la diplomatie avait échoué. La dernière ligne rouge que les États-Unis, que l’administration Bush, avaient définie et vue ignorée était la demande adressée à l’Iran de suspendre l’enrichissement d’uranium. Vous avez appelé à un effort pour déterminer une [nouvelle] ligne rouge et la défendre. Quelle devrait-être cette ligne rouge ?
John Kerry : Eh bien, je veux être très prudent ici, parce que je connais l’administration. J’ai écrit une note au président à ce sujet, dans laquelle j’ai exposé mes idées sur la nature de cette ligne.
Il suffit de dire qu’il faut que ce soit une ligne qui protège la région et Israël de façon réaliste. J’insiste sur la région, à partir d’une perception [du problème] de la prolifération. Et il existe plusieurs façons de définir cela, je pense que nous devrions laisser cela à cette définition….
Certes, [cette ligne devrait être pour l’Iran], de ne pas être un État doté d’armes nucléaires. Maintenant, certains peuvent discuter sur la définition d’un État doté d’armes nucléaires. [Est-ce la] capacité [de développement d’armes] ou bien les différentes définitions de cette notion. Laissons cela de côté pour l’instant.
Le point clé ici, est que tout d’abord [la position] de l’administration Bush [demandant] l’absence d’enrichissement était ridicule en soi, parce que l’Iran est signataire du Traité de Non-Prolifération, et qu’il soit à l’intérieur ou en dehors de ses obligations, lui demander de renoncer à quelque chose à quoi il a droit dans le cadre du traité en supposant qu’il respecte ses obligations est un non point de départ. C’est une diplomatie de posture, un gaspillage d’énergie. Cela a durci les positions, si on veut (inaudible).
Car cela semblait déraisonnable. Ils ont droit à [un usage] pacifique de l’énergie nucléaire et à l’enrichissement dans ce but. Mais ils n’ont pas le droit, évidemment, d’être en dehors des autres restrictions [définies par] l’AIEA et de l’accord de non-prolifération. Et la clé du succès dans ce cas, c’est d’ouvrir vraiment un autre type de dialogue avec eux pour savoir où on trace la ligne.
C’est aussi un peu compliqué par Israël. Israël va-t-il prendre la décision de vouloir défendre différemment ses intérêts, c’est-à-dire que sa sécurité serait protégée uniquement en garantissant sa propre définition d’une ligne et, en conséquence, vont-ils décider de faire quelque chose pour simplement retarder le programme de l’Iran, bien qu’ils savent que c’est tout ce qu’ils obtiendraient ? Il y a là de très réels dangers.
Et c’est pourquoi il est important pour le Président de travailler à l’avance sur le contenus des accords avec Israël et leurs modalités et sur la façon dont nous procédons. Je pense qu’il est allé relativement loin publiquement en faisant la déclaration qu’il a faite à ce sujet à la fin de l’année. J’ai pensé que c’était un cadeau plutôt important, plus que ce qui aurait pu été nécessaire.
Le sénateur Kerry sur le conflit du Moyen-Orient :
Je pense que nous devons reconnaître notre responsabilité dans ce domaine. Nous seuls avons la capacité de réunir certaines parties, de résoudre certaines questions, de tirer certaines conclusions, de négocier certains accords, d’approuver finalement les modalités en ce qui concerne notamment la sécurité à long terme d’Israël. L’une des possibilités, ici en Amérique, est évidemment le renforcement de la capacité de dissuasion en ce qui concerne l’Iran et d’autres malfaisants et la sécurité à long terme d’Israël. Il y a donc beaucoup d’options et nous avons un rôle clé.
Sans aucun doute, si on parle de la transition vers une structure adéquate de sécurité dans laquelle Israël pourrait avoir confiance, je suis entièrement convaincu qu’Israël doit avoir confiance dans le fait qu’il sera en sûreté. C’est une préoccupation parfaitement normale et légitime. Rien de ce que nous faisons ne devrait être en dessous d’une sensibilité entière à ces préoccupations en matière de sécurité, mais je crois que nous pouvons le faire.
Je crois que l’on peut établir une solution à deux états avec une démilitarisation, avec un contrôle adéquat, avec des zones tampons, et cela pourrait même impliquer un certain type de force [militaire] sur le terrain, dans la zone tampon, ainsi que certaines garanties de sécurité. Il y a toutes sortes de modalités qui sont possibles. Il est vrai, je tiens à le souligner, il est tout à fait vrai .. qu’en fin de compte, Israël et la Palestine doivent se mettre d’accord et que ce sont les partenaires clés indispensables de cet accord, mais nous sommes les organisateurs et médiateurs indispensables pour parvenir à cet accord.
Daniel Dombey
Daniel Dombey has written articles published in Financial Times.
Source : Information Clearing House – ICH : Kerry Defends Tehran on Uranium
Découvert sur : Contre Info
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Notes :
Publié par spqr le 07 Septembre 2009

























































Deborah a dit
à bientot SP
DEborah