Pour une retraite proportionnelle
Publié par spqr sur Mardi, 13 mai, 2008
Question retraites, que voit-on ? Toujours les mêmes expédients entraînant le même cercle vicieux :Caisses de retraite en déficit : une fois on augmente les cotisations, la suivante on diminue les retraites, celle d’après, on augmente le nombre de trimestres, celle d’encore d’après on élargit la base sur laquelle s’applique les cotisations et quelques temps après, on constate qu’elles sont de nouveau en déficit et … on recommence.
Avec cela, on n’arrêtera pas la spirale descendante qui nous mène vers l’effondrement du système de retraites français.
On reste dans le raisonnement purement comptable : on rogne une part de gateau déjà trop petite pour en ajouter à une part jugée trop maigre.
La comptabilité, c’est le passé : agir sur la comptabilité, c’est faire des simulations sur ce qui serait passé SI telle ligne comptable n’avait pas eu la même valeur.
De même qu’on ne change pas l’Histoire, on ne pilote pas les yeux fixés sur le rétroviseur.
Il y a aussi une mentalité à changer :
- faire grossir le gâteau plutôt que de s’ingénier à le découper autrement : pour cela il faut chercher à gagner davantage d’ingrédients (1)
- un autre moyen est de gaspiller moins des ingrédients que l’on a déjà : suppression des dépenses inutiles.
Ayons déjà cet esprit en toile de fond.
Passons aux retraites : cessons de discuter sans fin “d’âge de la retraite” et se battre pour savoir si elle doit être à 65, à 61, à 60, à 55, à 67 etc. un débat biaisé par des considérations de politique politicienne :
. des gens sont usés à 50 ans, n’en peuvent déjà plus,
. d’autres sont parfaitement alertes à 80 ans.
D’où :
- faisons en sorte que ceux qui ne peuvent plus ou qui le veulent puissent partir tôt sans être trop pénalisés,
- permettons à ceux qui peuvent ou qui veulent ou qui doivent encore travailler de continuer à le faire et d’acquérir une retraite améliorée.
Une solution à cela : LA RETRAITE PROPORTIONNELLE
En France, le système est très pénalisant, la retraite n’est pas proportionnelle au nombre de trimestres validés, mais il y a une forte dégressivité s’il manque des trimestres :
- pour la retraite de base de la Sécurité Sociale : la décote est de 10% / an (sera ramenée à 5% /an à partir de 2013) ; c’est énorme :
. en pratique, dans la plupart des cas, s’il vous manque 5 ans (c’est à dire si vous avez cotisé 35 ans au lieu de 40 ans , vous tombez au minimum vieillesse (ASPA : 621 € / mois depuis Sept. 2007) quel que soient les salaires perçus au cours de votre vie et malgré les cotisations versés à l’URSAFF pendant 35 ans.
. pour les retraites complémentaires, la décote est de 10% / an (sera ramenée à 5% /an à partir de 2013) ; c’est énorme aussi. (2)
Instaurons donc : LA RETRAITE PROPORTIONNELLE
Utopie ? Non, c’est en partie comme cela au Canada et cela fonctionne très bien. Inspirons-nous en !
Proposition :
Les gens prennent leur retraite quand ils le veulent ou quand ils le peuvent :
- le nombre d’annuités standard est de 40, c’est à dire que vous avez une retraite à taux plein si vous cumulez 40 ans de cotisation,
- si vous en avez plus ou moins, vous percevez une retraite proportionnelle, exemples :
. celui qui a cotisé 30 ans touche les 3/4 (et non le minimum vieillesse comme en France)
. celui qui a cotisé 50 ans touche les 5/4, soit 20% en plus.
Au Canada, cela fonctionne selon la formule :
Le plein montant versé par l’état fédéral pour l’Assurance Vieillesse est calculé sur 40 ans de cotisations, les années de salaires trop faibles ne sont pas comptées pour ne pas trop pénaliser ceux qui ont eu des périodes peu ou pas rémunérées (3).
Le montant de la prime calculée est modéré par le nombre d’années cotisées :
À cela s’ajoute la portion provinciale (état du Québec ou de l’Ontario…), le maximum à 65 ans si vous avez cotisé le maximum durant 40 ans. Sinon, c’est comme au fédéral, ça diminue d’autant.
Et cela fonctionne : à tout moment de sa carrière, la personne sait :
. ce qu’elle percevra si elle s’arrête de travailler le lendemain
. que chaque année de travail en plus lui rapporte exactement 1/40 de retraite en plus.
Ce serait un système simple, unique et juste. Alors, pourquoi pas en France ?
Pourquoi ne pas faire cela, aussi bien pour la retraite de base de la Sécurité Sociale française que pour la retraite complémentaire ?
J’entend déjà les cris : « On peut pas ! »
Age de la retraite au Canada :
- âge standard : 65 ans, mais il est possible de prendre sa retraite entre 60 et 64 ans avec un réduction,
- il est possible de prendre sa retraite de 66 à 70 ans avec une majoration.
Un des arguments que l’on entend actuellement pour augmenter le nombre d’années travaillées - il est question actuellement de passer de 40 à 41 ans pour les salariés du secteur privé - est l’augmentation de la durée de vie moyenne. (4)
Mais alors pourquoi avoir abaissé l’âge de la retraite de 65 à 60 ans en 1981 ? Vivait-on plus vieux avant 1981 ?
Faut-il fixer “un âge de la retraite” ? Si la France adoptait le système de retraite proportionnelle que je préconise plus haut, ce ne serait plus nécessaire : chacun percevrait sa retraite à taux plein lorsqu’il a atteint 40 années validées, avec éventuellement 1/40 en moins par année manquante ou 1/40 en plus par année supplémentaire travaillée.
Ainsi, quelqu’un ayant commencé à travailler à 14 ans pourrait s’arrêter à 54 ans avec une retraite à taux plein, et celui qui n’aurait commencé qu’à 25 ans suite à de longues études, s’arrêterait à 65 ans.
Malgré cela, je pense qu’il serait souhaitable de fixer un âge de la retraite officiel et standard à 65 ans. En effet, depuis, la fixation de la retraite à 60 ans en 1981, les employeurs se sont mis dans la tête que 60 ans est l’âge de la retraite, n’investissent plus de tout en formation, promotion, recyclage, sur le salarié dès 55 ans, considérant “que cela ne vaut plus le coup” (en admettant qu’ils ne se soient pas déjà débarrassés de ces salariés “âgés” bien avant 55 ans…) et bien sûr n’en embauchent plus.
Fixer un âge de la retraite à 65 ans aurait un effet psychologique.
Par ailleurs, il est tout à fait possible avec ce système de maintenir des régimes spéciaux pour certaines professions pour lesquels l’âge est un facteur important (les fameux “régimes spéciaux”, qui, cela va peut-être vous surprendre, existent aussi aux USA ou au Canada, pays “libéraux” au sens français) , soit pour l’attention et les réflexes : pilotes d’aéronefs, conducteurs de trains, chauffeurs poids-lourd ou de bus, soit à cause de leur dureté ou de leurs risques : mineurs, maçons, militaires, policiers, pompiers etc…
Pour ceux-la, pourquoi ne pas fixer dès le départ, par contrat, une affectation de seconde partie de carrière plus sédentaire, au sol et à l’abri, et ce jusqu’aux 40 ans requis ?
Avec ces deux dispositions que je préconise (retraite proportionnelle et âge de la retraite standard à 65 ans, il n’est plus nécessaire de porter le nombre d’annuités de 40 à 41 ans.
Il n’y aurait plus de distinction entre privé et public, entre patron et employé, entre salarié et profession libérale, entre agriculteur et citadin, entre permanent et saisonnier : même régime, même système pour tout le monde.
L’équité et la justice commandent que la loi soit la même pour tous les citoyens français : ainsi, les pourcentages et durée de cotisations de retraite doivent être les mêmes pour tous et générer des droits similaires.
(1) entre autres, en faisant en sorte que la natalité redémarre au lieu de charger de plus en plus la population actuelle. Cela peut aller vite : de bonnes dispositions prises dès maintenant et dans quinze ans apparaissent les premiers cotisants supplémentaires, sans immigration.
(2) rapellons qu’en outre, ces retraites complémentaires ne cessent de diminuer d’années en années.
(3) Au Canada, la pension liée au gain (en plus de la pension universelle) est calculée sur le gain moyen des années cotisées sans tenir compte de 15 % de faibles gains, ni des années où l’assurée a élevé des enfants de moins de 7 ans.
(4) c’est irréaliste quand on sait qu’en France le pourcentage de salariés en poste de 55 à 64 ans est de 38% seulement, un des plus bas du monde, à peine plus d’un tiers. Parmi ces 38%, combien atteignent leurs 40 ans validés ?
A quoi servira d’augmenter d’un an la durée de cotisation s’il n’y a que, mettons, 30% de salariés qui arrivent aux 40 annuités ?


Publié par spqr le 13 Mai 2008





























Mercredi, 14 mai, 2008 à 0:23
As-tu proposé cela sur le site de l’Elysée?…Il le faudrait. Comment se porte se système canadien…est-il viable? quel âge a-t-il? C’est souvent sur le long terme que l’on peu réellement voir l’efficacité d’un telle système.

Pour ma part, je ne suis, pour l’instant, pas concerné. Travaillant sur Suisse, je suis sur un barême à 44 ans de cotisation avec en toile de fond une révision de l’augmentation de l’age de la retraite à 67 ans (actuellement à 65).
En Suisse, c’est le système appelé des “trois piliers” en plus de la retraite de base (premier pilier devenu trop faible avec le temps), selon un “calcul savant” à partir de 17 ans et avec un salaire annuel dépassant un certain montant (actuellement 18′990.–/an, ce montant étant revue régulièrement), vient s’ajouter une assurance complémentaire (2ème pilier) appelée LPP (loi fédérale sur la prévoyance professionnelle viellesse) cette complémentaire est basé sur une règlementation minimale fédérale mais régie par des contrats privés que les entreprises fond auprès de compagnies d’assurances privées et cette base peu, selon le contrat fait par l’entreprise être plus ou moins ammélioré. Vient enfin, le 3ème et dernier pilier…la constitution d’un capital soit par le biais d’un compte bancaire bloqué jusqu’à l’âge de la retraite, soit par le biais d’une assurance vie à capitalisation également bloqué jusqu’à au plus tôt 5 ans avant l’age de la retraite et au plus tard 5 ans après.(idem pour le compte bancaire)
Deux de ces trois cotisations sont obligatoires et la troisième est volontaire (donc c’est selon les moyens de chacun), mais tout trois donne droit à des avantages fiscaux qui sont toujours les bienvenus…surtout en Suisse.
Voilà une autre solution, mais pour laquelle je ne suis pas sur que les français soit près à en accepter les modalité, ceux-ci étant encore trop ancré dans le principe de l’état nourricier.
Qui sait…peut-être un jour nous regarderons en arrière et dirons quel temps nous avons perdu à nous battre contre des chimères et à penser qu’il était possible que l’état réponde à tous nos besoins… Qui sait??? Peut-être en 2500 ou en 3000, avant??? J’ai des doutes
Mercredi, 14 mai, 2008 à 9:50
Un passage rapide en attendant de m’attarder sur cet article dont le sujet m’intéresse (une fois de plus)!
Bisous SP
DEborah
Mercredi, 14 mai, 2008 à 13:41
SPQR, la voie de la raison !
Samedi, 17 mai, 2008 à 13:22
Cet article m’intéresse et devrait intéresser bcp de monde. Je voulais d’ailleurs attendre la prochaine grêve générale (le 21?) pour mettre sur mon blog la lettre de ma belle-soeur, lettre que j’ai envoyée aux 3 syndicats (FO qui m’a seul répondu), CGT, et CFDT).
Mon mari vient de demander son relevé de carrière. Il est outré de voir ce qu’il va toucher en tant que commerçant (celle où il était ouvrier sera + importante).
Ce n’est pas la peine d’avoir autant payé d’impôts - dommage, nous avons été mal conseillés, pour en payer moins - comme tant d’autres qui ont un salaire mirobolant et ne payent pas ou peu d’impôts - les fameuses niches fiscales, nous, on ne connait pas - pour toucher une retraite de commerçant aussi minable. Nous allons touché comme ceux qui ne font aucun bénéfice et n’arrive pas à se sortir un SMIC. Pas normal. Et, qu’on ne me dise pas que notre fond de commerce sera notre retraite. Encore faudra-t-il pouvoir le vendre, et, là, nous ne nous faisons pas trop d’illusions.
Je trouve que cet article mériterait d’être envoyé à l’Elysée comme le dit le commentateur au-dessus..Le système canadien, je le trouve pas mal.
Au nom de la solidarité et du système de répartition, en France, on loge tout le monde à la même enseigne. Les retraites du privé sont minables. Les fonctionnaires n’ont pas de gros salaires en activité, mais certains ont tellement d’avantages, une fois en retraite, à 50 ans pour certains, chauffage gratuit pour ceux qui travaillent à EDF, retraite calculée sur les 6 derniers mois de salaire, voyages gratuits, charbon gratuit (ça existe encore ?), pension de reversion entièrement reversée aux veuves, même si là-dite veuve a travaillé de son côté, ne parlons pas des avantages des députés - mais, je ne jette pas la pierre aux fonctionnaires, cela va de soi, j’ai été fonctionnaire aussi - Je parle des retraites du privé. Hier, je parlais avec un mec qui avait quitté l’armée pour le privé, parce que le privé payait mieux en 1975, mais, qui, maintenant regrette d’avoir quitté l’armée, car, il serait en retraite..
La retraite complémentaire ?? Pff!!!
Ca ne sert à rien de trimer comme des fous dans le privé. Ce n’est pas normal. Au lieu de vouloir tirer toujours + vers le bas, et, non vers le haut, les salariés en baveront toujours plus et les retraités aussi.
ps : point positif, je crois que les français refont des enfants..L’instinct de survie de l’espèce humaine ? Je vais être à nouveau grand-mère (3e enfant de ma fille qui ne fait pas un 3e enfant pour les allocations familiales, puisqu’elle continuera à travailler). Vive la natalité française. Que les français se mettent aussi à élever sérieusement leurs enfants et les obligent à ne pas croire que tout est facile dans la vie et que tout doit leur tomber tout crû dans la bouche.
Mardi, 20 mai, 2008 à 9:23
BOnjour SP,
Si tu te présentais aux présidentielles de 20012 je voterais pour toi sans aucune hésitation!! ;o)
Tes propositions sont judicieuses et justes… reste le probleme majeur: comment faire évoluer les mentalités lorsqu’en france , quelques millers de personnes sont pretes à paralyser la France afin de défendre leurs interets sans se soucier du bien collectif?…
BIsous
Deborah
Mardi, 20 mai, 2008 à 13:42
20012 ça va

J’ai le temps de me préparer
Mardi, 20 mai, 2008 à 14:53
20012 eh ben …on nez pô rendu!!
Mercredi, 21 mai, 2008 à 8:53
;o)
BIsous SP
Deborah
Lundi, 2 juin, 2008 à 5:09
[...] Pour une retraite proportionnelle [...]