Biodiversité : les éleveurs français, les ours et les ministères
Publié par Daisy sur Jeudi, 24 avril, 2008
La relaxe du chasseur qui avait tué l’ourse Canelle, la dernière de souche pyrénéenne, le 1er Novembre 2004, après avoir été déclaré en état de légitime défense, est pour nous l’occasion de republier un article posant des questions sur ce qui est, une de plus, encore une exception française, dans le domaine cette-fois-ci de la cohabitation des ours et plus généralement des grand prédateurs sauvages avec les animaux d’élevage et l’humain.
Une centaine d’éleveurs se sont rassemblés le 10 Juillet devant la préfecture des Hautes-Pyrénées à Tarbes pour protester contre la réintroduction des ours dans le massif pyrénéen.
Le Ministère de l’Ecologie et le Ministère de l’Agriculture gèrent-t-ils de façon satisfaisante la sauvegarde en France de la faune sauvage, y compris la sauvegarde des grands fauves, tels que l’ours brun et le loup ? Ces ministères agissent-ils de manière coordonnée ?
Les ours ont été presque exterminés en France. L’habitat actuel de l’ours en France est limité au massif pyrénéen. Il y a actuellement 20 ours en France dont 5 sont des ours slovènes introduits dans les Pyrénées au cours de la dernière décennie.
Il serait pertinent de comparer les situations en Slovénie et en France. Il y a entre 450 et 550 ours bruns en Slovénie.
Bien entendu ces ours ne sont pas dans les zoos mais vivent librement dans les forêts. On compte en Slovénie en moyenne, en un an, autant de chasseurs accidentellement tués par des chasseurs (2 tués lors des chasses) que de citoyens tués en cinquante ans par les ours (les deux dernières attaques mortelles datent de 1987 et de 1969).
Les maladies transmises par les tiques causent en Slovénie en quelques années davantage de cas de mort et d’invalidité parmi les citoyens slovènes que les ours en cent ans. La Slovénie a 2 millions d’habitants. La surface de la Slovénie est de 20 273 km2, ce qui est équivalent à la surface des régions françaises pyrénéennes où l’on tente de réintroduire l’ours.
On constate donc qu’il y a en Slovénie 25 fois plus d’ours qu’en France. En comparaison avec le comportement des Français, on imagine que la population slovène vit dans une terreur extrême et que les éleveurs manifestent en permanence contre l’ours. Pas du tout. Les seuls qui manifestent sont les écologistes, lorsque le ministère slovène accorde l’autorisation pour l’abattage des ours en surnombre, car la population des ours a tendance à progresser.
Pourquoi n’y a-t-il pas en Slovénie 25 fois plus de manifestations contre les ours qu’en France ? La question de l’attitude des humains envers les ours est-elle liée à celle des indemnités accordées aux éleveurs en cas de pertes causées par l’ours : sont-elles plus avantageuses en Slovénie qu’en France ? La question est-elle liée au choix plus pertinent des lieux d’implantation des élevages ?
Il est intéressant de noter que la Slovénie abrite également environ 200 loups - dans la nature et pas dans les zoos - qui ont en 2006 attaqué 46 animaux domestiques. Les questions concernant les ours peuvent aussi être posées concernant les loups.
La Slovénie, sur son petit territoire, arrive à gérer une grande population de fauves. Alors que la France n’arrive pas a créer les conditions permettant la survie d’un nombre symbolique d’ours…
Pourquoi ?
Martin de Bruxelles
Additif de spqr :
- ne plus rembourser les pertes sur les troupeaux non protégés de manière à responsabiliser les éleveurs et à favoriser l’emploi de bergers,
- cette mauvaise habitude de laisser les bêtes divaguer en montagne sans berger et sans chien n’est pas une tradition !
Elle date de 50 ans environ : course à la rentabilité mal comprise qui a poussé à supprimer des emplois de berger et à fortement diminuer le nombre de chiens.
- en effet, des bêtes se perdent en divaguant, tombent dans des à-pics ou dans des gouffres (et n’y sont pas toujours tuées sur le coup
, des bêtes se plongent dans des cours d’eau à cause de la douve du mouton (le froid de l’eau les calment) et y meurent lentement, des bêtes meurent d’un panari infecté, les paniques causées par des chiens de promeneurs insconscients ; en évitant ces pertes, il y aurait de quoi payer des bergers et des chiens,
- en complément restaurer les clotures, enlevées pour laisser paturer librement les bêtes mais qui étaient un obstacle pour les ours,
- ajoutons les dégats dus aux moutons en liberté : herbe tondue à ras ou arrachée sur les bordures, entrainant peu à peu l’érosion de la couche d’humus et la désertification ; voilà une perte pour le patrimoine qui n’est indemnisée par personne et qui néanmoins finira par coûter cher.
Publié par Daisy le 24 Avril 2008
Une première version de cet article avait été publiée le 15 Juillet 2007 dans une version moins complète : Biodiversité : les éleveurs français, les ours et les ministères (V1)






























Jeudi, 24 avril, 2008 à 6:38
[...] Biodiversité : les éleveurs français, les ours et les ministères [...]
Samedi, 26 avril, 2008 à 21:13
Tes “additifs” sont très justes.