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Quel avenir pour l’UDF ? (1)

Posté par spqr le Lundi, 12 mars, 2007

Comme introduction à une série de textes sur l’UDF (1) et François Bayrou, je vous propose cet excellent article d’Arnaud Folch. Plus d’un an après, il n’y a pas un mot à en changer !

Par Arnaud Folch :

Les centristes ont voté contre le budget. Plus qu’un virage à gauche, le révélateur des difficultés de l’UDF à exister.

L’UDF est devenue l’UBF : Union pour Bayrou François. Le mot de Louis Giscard d’Estaing, fils du fondateur de l’UDF, résume bien le jugement porté à l’UMP sur la stratégie “indépendantiste” du parti centriste. Laquelle est aussi contestée par Gilles de Robien, le seul ministre UDF du gouvernement, qui réclame une consultation (acceptée par Bayrou) de tous les militants autour d’ « une question : appartenons-nous à la majorité ou à l’opposition ? »

À l’origine de cette ébullition : le vote négatif sur le budget, le 23 novembre, de la moitié des députés UDF. Contrairement à la règle non écrite – mais toujours respectée sous la Ve République – qui veut qu’une formation de la majorité vote toujours le budget (ou, à tout le moins, s’abstient). « Dès lors que l’on s’oppose au budget, on est dans l’opposition », a immédiatement réagi l’UMP Bernard Accoyer. Avant d’écrire au CSA pour lui demander de comptabiliser désormais le temps d’antenne de l’UDF parmi celui de l’opposition ! Un point de non-retour ? Pas si sûr.

L’UDF, en effet, n’en est pas à son premier franchissement de “ligne jaune”. Depuis sa création, en 1978, elle n’a cessé de jouer du rapport de force pour exister face au RPR (avant, le plus souvent, de “revenir à la niche”) : législative de 1978, où elle finira au coude à coude avec le RPR ; Léotard menaçant de démissionner en 1987, durant la première cohabitation ; Barre n’appelant à voter Chirac que du bout des lèvres lors du second tour de la présidentielle de 1988 ; l’expérience avortée des rénovateurs en 1989 ; l’UDF, « garde rapprochée » de Balladur en 1995…

Bref, comme le reconnaît le député européen Bernard Lehideux, ancien très proche conseiller de Giscard, « les relations n’ont jamais été simples avec les gaullistes ». Avant même la création de l’UDF ! « En 1969, raconte-t-il, après que Giscard (alors patron des Républicains indépendants) eut appelé à voter non au référendum de De Gaulle (2), l’UDR (ancêtre du RPR) avait carrément mis à prix la tête de Giscard. Cela ne l’a pas empêché d’être élu à l’Élysée cinq ans plus tard (3). Avec le soutien de Chirac… »

« Sur une ligne majoritaire », Pierre-Christophe Baguet, député UDF des Hauts-de-Seine, a, quant à lui, refusé de suivre les consignes de Bayrou, se contentant de s’abstenir le 23 novembre : « J’ai trouvé un peu surprenant que l’UDF vote contre, explique-t-il, alors qu’elle s’était abstenue sur la partie “recette” et avait voté la quasi-totalité de la partie “dépense”. » Reste qu’il se refuse, pour autant, à instruire le “procès en opposition” de Bayrou : « Je n’oublie pas, dit-il, que l’UMP a cherché à nous zigouiller en 2002. La position de Bayrou est cohérente, et je souhaite qu’il y ait un candidat UDF à la présidentielle. »

“Toutes les cartes seront redistribuées en 2007”.

Bayrou candidat en 2007, donc, mais pour quoi faire ? En presque vingt-cinq ans d’affrontements électoraux, les centristes ne l’ont emporté… qu’une seule fois face aux gaullistes (lors des européennes de 1979) ! Ne cessant de dégringoler depuis, notamment au premier tour des présidentielles : 28,3 % en 1981 (Giscard), 16,5 % en 1988 (Barre), 6,8 % en 2002 (Bayrou). La chute finale ? « Coincé entre “Sarkozy-la rupture” et “Villepin-le modéré”, Bayrou n’a plus d’espace pour exister », affirme l’un de ses anciens cadres. Même jugement à Matignon : « Bayrou ? Quinze de ses députés ont voté contre le budget, la prochaine fois ils ne seront plus que quatorze, puis treize… »

« La vérité, corrige Lehideux, c’est que l’UMP, en cognant sur l’UDF, veut faire oublier ses divisions internes – Sarkozy dit beaucoup plus de mal du gouvernement que nous ! » Pour l’heure, d’ailleurs, les sondages ne traduisent pas de décrochage. Idem pour les derniers scrutins : 12 % aux régionales et européennes de 2004, 13,5 % en moyenne sur les quatre législatives partielles de septembre. Pas si mal. Et puis, comme le rappelle Hervé Morin, président du groupe UDF à l’Assemblée, « toutes les cartes seront redistribuées au soir du premier tour de la présidentielle ». L’occasion de monnayer au prix fort ses reports de voix… Faiseur de roi, mais pas roi lui-même : le destin de l’UDF ?

Arnaud Folch

arton293.jpg n° 3601 paru le 2 Décembre 2005. Valeurs Actuelles ne mettant en ligne que quelques articles extraits du numéro de la semaine en cours et non les anciens, je me permet de le reproduire en entier, au lieu d’un simple lien. Plus d’un an après, il n’y a pas un mot à en changer !

(Ajout d’interlignes, de couleur et de surlignages en gras par spqr en vue de la publication sur Internet).

Notes aditionnelles de spqr (ne sont pas dans l’article d’origine) :
(1) la politique indécise de ce parti de 1965 à 1981 a mené à la rupture avec le gaullisme puis à la désastreuse arrivée au pouvoir de la gauche en 1981, dont la France n’est toujours pas remise.
(2) l’UDF, parti de Giscard d’Estaing s’appellait alors le RI, parti des Républicains Indépendants.
(3) élection de Valéry Giscard d’Estaing en Mai 1974 à la Présidence de la République.
Rédigé par spqr le 13 Mars 2007.

(à suivre)

7 Réponses vers “Quel avenir pour l’UDF ? (1)”

  1. arielle a dit

    à gauche, on est maladroit
    à droite, on est gauche……..
    au centre, on laisse planer le doute !
    mais que faire ?
    arielle

  2. Léviathan a dit

    Bayrou est empoisonnant comme la peste!
    C’est l’homme sans programme le plus populaire de toute l’histoire de la 5e république et il voudrait représenter ceux qui ont peur de la rupture, et sous prétexte d’être en apparence plus moral et plus doux que Sarko l’emporter aux élections.
      
    La France n’a pas besoin d’un mou ni d’un président de compromis. Il nous faut un président de choc!

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  6. PRICAZ Jean a dit

    Aujourd’hui, dans le monde que nous vivons et qui ne peux que se ducir, l’enjeu n’est pas Bayrou, l’UDF ou son futur PD… c’est de bâtir une France forte au centre d’une Europe cohérente et ambitieuse, fière de son Histoire, de ses valeurs, de sa culture afin de porter le monde vers la paix et un maximum d’équilibre matériel et intellectuel.
    Pour ce qui est de cette présidentielle, l’ambition de Bayrou se révèle incohérente et destructive.
    Il est indispensable que nous retrouvions un peu de notre fierté d’être FRANCAIS.

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