Et si on supprimait les Allocations Familiales ?
Posté par spqr le Vendredi, 20 janvier, 2006
Un débat fait rage depuis plusieurs années sur la question de la suspension – au départ, certains parlaient même de suppression mais aucun homme politique n’ose plus envisager cela – pour les familles de délinquants.
Pourquoi ne pas trancher le nœud gordien ?
Crées en 1919 puis modifiées par la loi du 29 juillet 1939, ou “code de la Famille”, prolongée par les lois prises par le gouvernement de Vichy (1), les Allocations Familiales avaient pour but de tenter de faire remonter la natalité française, déjà déclinante à cette époque.
Avoir des enfants et les élever représente un gros effort, des privations , des sacrifices (équipements, loisirs, vacances …), beaucoup de soucis (avenir, bêtises, école, étude, santé …) ; il ne paraissait pas anormal de soutenir les familles faisant l’effort d’avoir plus d’enfants par rapport à celles préférant profiter de la vie et leur argent à titre personnel.
Mais es allocations n’ont pas eu l’effet escompté car la natalité française n’a cessé de décliner inexorablement pour des causes qu’il serait trop long d’exposer ici.
Inversement, il apparaît clairement que d’une manière générale dans les familles les plus pauvres et par exemple dans des familles immigrées d’Afrique Noire ou d’Afrique du Nord, et, elles sont une incitations à avoir des enfants mais dans le but de percevoir des allocations, vues comme un revenu comme un autre.
Il est clair que dans ce cas, les allocations familiales sont dévoyées, étant non pas prises comme soutien pour élever des enfants mais comme moyen de gagner de l’argent facilement.
Dans les deux cas les Allocations Familiales ne jouent depuis longtemps plus le rôle assigné au départ.
Comme toute allocation, elle ne génère aucune richesse pour le pays ; les choses se font en trois temps :
- prélèvement de cotisations sur les actifs
- une machine administrative (ici 32 000 personnes) qui en prélève une partie au passage pour son propre fonctionnement
- distribution aux ayant-droits.
Plutôt que de discuter sur leur montant, sur qui y a droit, sur leur éventuelle suspension ou suppression pour les parents de délinquants, ne vaudrait-il pas mieux les supprimer complètement avec économie des Caisses d’Allocations Familiales en même temps ?
Ne vaudrait-il pas mieux laisser l’argent là où il est ?
Voilà ! Du coup je viens de me faire 32 000 amis supplémentaires parmi les fonctionnaires, plus 10 millions d’allocataires (en effet 3 familles sur 4 en perçoivent).
Je ne ne serais donc certainement pas élu mais ce n’est pas grave, je ne suis pas candidat
(1) lire : L’histoire oubliée des Allocations Familiales privées
Les aides à la famille : repères chronologiques
Rédigé le 10 Septembre 2006 par spqr.
Republié le 20 Janvier 2007 par spqr.
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Marie Bland a dit
Supprimer totalement les allocations familiales?
Elles sont réellement une aide importante pour les familles, nous en avons besoin.
Les supprimer pour les familles de délinquants, là je ne sais pas. Ces allocations n’ont, pour moi, aucun rapport avec la délinquance. Mes enfants ne sont pas délinquants, que je touche ou non ces fameuses allocations n’y change rien.
La délinquance ne vient pas d’un problème d’argent, cela reviendrait à dire que toutes les familles à faibles revenus sont des délinquants.
spqr a dit
Je pense que vous avez mal compris mon article ; ma proposition (personnelle) n’a rien à voir avec la délinquance. Bien sûr que les allocations familiales n’ont rien à voir avec la délinquance !
“La délinquance ne vient pas d’un problème d’argent, cela reviendrait à dire que toutes les familles à faibles revenus sont des délinquants.” : tout à fait d’accord avec vous et même peut-être plus que vous ne pouvez l’imaginer !
Cette idée de mettre sous tutelle ou de supprimer les allocations familiales pour les familles de jeunes délinquants n’est pas l’objet de mon article ; c’est une idée qui a germé il y a déjà 2/3 ans et qui fait toujours débat aujourd’hui dans différents partis : pour ceux qui en ont eu l’idée, il s’agit d’une SANCTION. Elle est basée sur le fait que des parents non seulement laissent tout faire à leurs enfants, ne les sanctionnent pas ou même les encouragent et profitent de leurs actes : des adultes utilisent des mineurs pour vendre de la drogue, pour voler, pour piller, pour (je pense aux émeutes de 2005) tranporter des jerrycans d’essence, des coktails molotov. En effet, ils savent que les mineurs ne courent pas beaucoup de risque pénalement par rapport aux adultes, même pour de graves délits. Les partisans de cette suspension des allocations pensent que cela inciterait les parents à mieux les tenir et ce serait en même temps une menace : “Si vous continuez à laisser faire ou à encourager vos enfants à faire ce qu’ils font, on vous supprime les allocations”.
Maintenant pour en revenir à l’objet de l’article, vous écrivez : “Elles sont réellement une aide importante pour les familles, nous en avons besoin.” Bien sûr, mais vous payeriez moins de cotisations. Tous ces prélévements de cotisations (sur vous ou sur d’autres) et leur gestion sont improductives et appauvrissent le pays. Au final, vous auriez l’impression de recevoir moins dans l’absolu, mais en réalité, vous payeriez moins de cotisations, d’impôts et de taxes de toutes sortes et vous auriez un niveau de vie plus élevé.